Coup de cœur de la semaine : « 24 jours » d’Alexandre Arcady

Publié le par PF

Coup de cœur de la semaine : « 24 jours » d’Alexandre Arcady
Coup de cœur de la semaine : « 24 jours » d’Alexandre Arcady
Sorti mercredi dernier, « 24 jours » le dernier film d’Alexandre Arcady a déjà fait couler beaucoup d’encre et a provoqué quelques polémiques.
Nous à Cultur’Actu nous donnons notre avis sur une œuvre artistique et évitons soigneusement d’alimenter les débats pseudo-intellectuels de gens qui, comme les deux polémistes de chez Ruquier doivent avoir autant de connaissances cinématographiques que notre ami Jacques Audiard a de cheveux, c’est pour dire.

Reprocher à un réalisateur d’avoir un point de vue est un comble, reproche t-on à Steve Mc Queen d’être anti-esclavagiste quand il tourne « 12 Years of Slave », de même la thèse de se faire de l’argent sur un fait divers tragique n’a pas de sens, a t'on blâmé Spielberg de tourner « la liste de Schindler » pour cette raison ?

Quant au communautarisme décrié ci et là, a t'on fait le même procès à Verneuil pour « Mayrig » et sa suite, ainsi qu'à Scorsese, Bouchareb ou Gatlif ?

Revenons donc au film « 24 jours »...

Ce film est une véritable claque, un uppercut comme le cinéma français ne nous en a pas donné depuis longtemps, nous rappelant les années 70-80 où Yves Boisset nous assommait avec des films tel que « Dupont la Joie » ou « le Juge Fayard ». Arcady prend effectivement un point de vue, celui de la mère, mais reste fidèle à l’histoire.

Se servant d’un mode narratif construit en enquête il réussit à tenir le rythme de son film même s’il n’évite pas, ce qui est fréquent chez lui, un message un peu démago sur la fin. L’interprétation de Pascal Elbé est tout juste parfaite, tout comme l’ensemble de la distribution, juste un petit bémol pour Zabou Breitman qui alterne les scènes justes et d’autres légèrement surjouées (Rôle que devait tenir à l'origine Valérie Benguigui).

Coup de cœur de la semaine : « 24 jours » d’Alexandre Arcady

Je tenais également à faire un petit survol de la carrière d’Alexandre Arcady, réalisateur fort décrié ces derniers temps mais qui a construit tout au long des années une œuvre à part et attachante. Tout d’abord producteur de Diane Kurys c’est en 1979 avec « le Coup de Sirocco » qui fait ses débuts à la réalisation.

D’emblée il connaitra donc le succès avec cette chronique douce et amère avant d’exploser au box-office en 1982 avec « Le Grand Pardon ». Ce parrain à la française sera une des dernières tentatives du cinéma français à faire jeu égal avec Hollywood, il n’est d’ailleurs pas anodin de voir que le film commence et fini comme « le Clan de Siciliens », film d’une autre époque qui avait les mêmes ambitions.


« Le Grand Pardon » offrira à Roger Hanin le rôle de sa carrière, fera de Richard Berry une star et lancera la carrière de Jean-Pierre Bacri. Suivront « le Grand Carnaval » en 1983 où le duo Noiret-Hanin fait mouche puis le sous-estimé « Hold-up » en 1985 qui malheureusement sera un échec pour lui et pour Belmondo. Il revient en 1986 avec le touchant « Dernier Eté à Tanger » et en 1989 signe un polar nerveux et visionnaire avec « l’Union Sacré » dont on se souvient encore de la musique de Goldman et du fameux « thème de Lisa ». En 1991 il offre à Sophie Marceau le rôle titre de « Pour Sacha », film lui aussi largement sous-estimé. Son premier faux-pas viendra en 1992 avec l’ambitieux « le Grand Pardon 2 » qui malgré un casting 4 étoiles sera un ratage artistique.

Il signe en 1995 le très moyen « Dis Moi Oui » avant de revenir en meilleure forme en 1997 avec le thriller « K », film culte pour certains qui offrira à Patrick Bruel son meilleur rôle. En 1999 retour aux sources avec « Là-bas…Mon Pays » film là aussi qui ne trouve pas son public malgré une qualité certaine. Les années 2000 vont être difficiles pour Arcady, réalisant en 2002 un film d’action moyen « entre chiens et loups », puis se ratant en 2004 et 2008 avec « Mariage Mixte » et « Tu Peux Garder Un Secret ? ». Il n’est décidemment pas fait pour la comédie. Il reviendra en 2010 avec le sympathique « Comme les 5 Doigts de la Main » avant de réaliser en 2012 à 65 ans son meilleur film « Ce que le Jour doit à la Nuit ».

Coup de cœur de la semaine : « 24 jours » d’Alexandre Arcady

Si, comme la plupart des gens, vous ne l’avez pas vu, je ne peux que vous le conseiller.


Nous voulions donc rendre hommage à la passion d’un réalisateur à part et vous encourager à aller voir « 24 jours » parce qu’il est important que le cinéma empoigne l’histoire (petite et grande) pour témoigner et permettre de se rappeler.

 

>> 24 JOURS Bande Annonce du Film (2014) >>

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Vos Commentaires :

gralin 05/05/2014 18:28

nous étions 22 dans une salle de 400 places, à Montparnasse, et 3 personnes sont sorties après 1 heure. Ce film est lourd, ennuyeux, pathos à souhait. C'est un propos politique (assez délirant) dont un meurtre épouvantable est l'instrument : rien de très glorieux.On peut remarque Zabou, dont le jeu est remarquable du côté du faux semblant. A éviter. Et désolé si je partage pas l'avis de l'auteur de l'article.